Évaluation des risques de contaminants émergents dans les aliments et les produits animaux (Québec, Canada)
- Période: 2025-09-01
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Le changement climatique (CC) est l’un des plus grands défis auxquels l’humanité est confrontée aujourd’hui. Le climat représente le facteur agro-écosystémique quasi le plus important pour les cultures, mais aussi pour les champignons. La hausse des températures et la modification des régimes pluviométriques entraînent une diminution de la résilience des cultures, les rendant plus vulnérables aux ravageurs, ce qui entraîne une augmentation des taux d’application des pesticides, lesquels peuvent nuire à la santé publique et à l’environnement. L’utilisation agricole de certains pesticides a été abandonnée, notamment ceux classés comme polluants organiques persistants (POPS). Des résidus de pesticides peuvent néanmoins être trouvés dans une grande variété d’aliments dont les aliments pour animaux et ensuite dans leurs tissus à destination de la consommation humaine. Le climat est le facteur le plus influent du cycle de vie des champignons et leur capacité à coloniser les cultures, à survivre et à produire des toxines. Les mycotoxines sont un groupe de toxines nocives produites par certains types de champignons, dont les moisissures. Les effets négatifs sont bien connus chez le bétail à fortes doses (troubles hépatique et rénale, vomissements et anorexie, immunosuppression, problèmes de reproduction), mais les effets peu visibles comme ceux sur le tube digestif sont sous-estimés. La gestion des mycotoxines est donc une priorité absolue pour les éleveurs du monde entier et l’augmentation pressentie avec le CC est une réelle menace. Les industries sont pressés de réduire leurs impacts CC et l’agriculture n’en fait pas exception. La production d’ingrédients représente 60 à 70 % de l’empreinte carbone de la production porcine et avicole au Canada. Dans l’Est du Canada, la production de maïs est le plus grand contributeur au CC, car sa production dépend fortement de monocultures annuelles intensives utilisant des intrants à fort impact CC comme les pesticides et les fertilisants azotés qui nuisent à la santé des sols. Il devient donc important de penser à le remplacer en alimentation animale. Au Canada, 8.2% des émissions de CO2 est attribuable à l’agriculture, alors que 40% est attribuable aux pertes et gaspillage alimentaires (PGA). Ces PGA représentent 60% des aliments produits. Les PGA ont des impacts sur le CC et le secteur doit les réduire. Les méthodes actuelles d’élimination des déchets alimentaires comprennent le compostage, la digestion anaérobie et l’enfouissement, mais l'alimentation animale serait largement la meilleure option dans le contexte du CC. Nourrir les animaux d'élevage avec des déchets alimentaires est une pratique ancestrale qui apparait comme une solution de choix dans les stratégies de réduction de l’impact CC dans plusieurs pays, mais ceci n'est pas sans risques.
La chaire CAP-Climat focalisera sur les contaminants qu'ils soient organiques (ex:POPS, mycotoxines) ou inorganiques (ex.: métaux lourds), soient ceux 1) accrus par les changements climatiques ou émergents et 2) associés à la valorisation de sous-produits du gaspillage alimentaire en alimentation animale, et ce, dans les aliments et les produits animaux. Elle fera un état des lieux de la contamination, évaluera des stratégies de mitigation des contaminants chimiques comme la fermentation et enfin l'analyse de risque.