Les organisations internationales spécialisées dans les sciences alimentaires appellent à l'intégrité scientifique dans les discussions mondiales sur les « aliments ultra-transformés »

L'Union internationale des sciences et technologies alimentaires (IUFoST) et l'Association latino-américaine des sciences et technologies alimentaires (ALACCTA) ont fait part à l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) de leurs préoccupations concernant l'évolution du débat mondial sur les aliments qualifiés d'« ultra-transformés » (UPF) et le soutien croissant dont bénéficient les propositions d'étiquetage alimentaire fondées uniquement sur le degré de transformation.

L'UFoST et l'ALACCTA réaffirment leur adhésion sans réserve à la mission de la FAO visant à promouvoir la sécurité alimentaire, une meilleure nutrition et des systèmes alimentaires durables. Elles soulignent que tout cadre de classification ou d'étiquetage des aliments destiné à orienter les politiques publiques doit s'appuyer sur des preuves scientifiques solides et être élaboré dans le cadre d'une consultation inclusive entre les disciplines scientifiques concernées.

Les organisations ont noté que les récentes discussions politiques - notamment un projet de loi examiné par la commission de la santé du Sénat chilien proposant que les aliments contenant plus de cinq ingrédients industriels soient étiquetés comme « ultra-transformés » - illustrent les risques liés au recours prématuré à des cadres de classification qui font encore l'objet d'un débat scientifique. Ces préoccupations sont exacerbées lorsque de telles approches reçoivent le soutien public de responsables d'organisations internationales, notamment la FAO, alors que les fondements scientifiques et les définitions sous-jacents continuent de faire l'objet d'un débat animé parmi les scientifiques.

L'IUFoST et l'ALACCTA soulignent que la transformation des aliments joue un rôle essentiel pour garantir la sécurité alimentaire, prolonger la durée de conservation, réduire le gaspillage alimentaire, améliorer la qualité nutritionnelle et permettre un accès abordable à l'alimentation. Les technologies de transformation favorisent également le développement d'aliments enrichis et spécialisés qui répondent aux carences en micronutriments et aux besoins alimentaires de diverses populations.

Les organisations avertissent que les systèmes d'étiquetage basés uniquement sur le niveau de transformation pourraient involontairement stigmatiser des technologies et des produits alimentaires importants - notamment les aliments de longue conservation, enrichis et à base de plantes - qui contribuent à la sécurité nutritionnelle, en particulier dans les régions à faible et moyen revenu.

L'IUFoST et l'ALACCTA appellent à un large dialogue scientifique impliquant des scientifiques spécialisés dans la nutrition, des scientifiques spécialisés dans l'alimentation, des technologues, des experts en santé publique, des régulateurs, des représentants de l'industrie et des organisations de consommateurs. Une telle collaboration permettra de garantir que les futures initiatives politiques soient scientifiquement solides, transparentes et alignées sur les objectifs mondiaux en matière de sécurité alimentaire, de nutrition et de systèmes alimentaires durables.

Les deux organisations restent engagées dans un dialogue constructif avec les institutions internationales, notamment la FAO et l'OMS, afin de promouvoir des approches équilibrées et fondées sur la science qui améliorent la qualité de l'alimentation tout en préservant la sécurité alimentaire, l'innovation et l'accès équitable à des aliments nutritifs dans le monde entier.

La lettre est publiée (en anglais) au lien suivant: Lettre à la FAO

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