Retour sur la rencontre entre la Plateforme PARERA et les parties prenantes en industries agroalimentaires du Québec

C'est dans le cadre du programme CRIBIQ Connect que 16 participants venant de l'industries, de gouvernements fédéraux et provinciaux, de regroupements d'entreprises, d'entreprises pharmaceutiques se sont réunis à l'INAF pour discuter des enjeux émergents en industries agroalimentaires avec les acteurs de la plateforme PARERA.


Durant cette journée de discussion, les parties prenantes ont eu l'occasion de partager avec le groupe les défis qu'ils rencontraient au sein de leur entreprises, laboratoires ou organisations sur les thèmes des problèmes émergents en industries agroalimentaires. Les participants avaient aussi le choix d'amener d'autres thématiques rencontrées. Les participants provenaient d'industries agroalimentaires au Québec, de l'Agence d'inspection des Aliments, d'Agriculture et Agroalimentaire Canada, du ministère de l'agroalimentaire du Quebec, de laboratoires privés, et d'entreprises pharmaceutiques. 

Voici un résumé des discussions de cette rencontre.

Attentes des participants

•En savoir davantage sur les problématiques des allergènes et la fraude

•Mise à jour sur les connaissances et méthodes de detection de la fraude

•Améliorer les pratiques industrielles pour la prévention de la fraude

Enjeux rencontrés

  • Allergènes alimentaires:

•Utilisation du «peut contenir» complexe

•Pas de seuils disponibles pour les allergènes comme en microbiologie

  • Fraude alimentaire :

•Manque de données sur les fraudes liées aux emballages pour exigences GFSI

•Peu de protection contre les fraudes pour les industries malgré respect des bonnes pratiques et FFVA

•Responsabilité de l’authenticité des produits revient au dernier acteur de la chaîne, même si la fraude a eu lieu en amont (chez un fournisseur ou autre acteur)

•Coûts considérables liés aux analyses, surtout pour les PME

•Tous les lots ne peuvent être analysés

•Nouvelles molécules de pesticides chaque année, rendant difficile la différentiation entre les produits bio et non-bio

•Pas de méthode de détection universelle

•Coûts élevés pour développer une analyse de fraude, surtout lorsque l’agent frauduleux est inconnu

•Bases de données sur la fraude coûteuses et peu accessibles

Conclusion partielle

L’industrie alimentaire manque d’informations et de lignes directrices pour prévenir les fraudes et se protéger efficacement contre les fraudes commises par les autres acteurs de la chaîne alimentaire 


Pistes de Solutions

  • Allergènes alimentaires:

•Déterminer des seuils de contamination des allergènes pour chaque allergène prioritaire et adaptés aux matrices alimentaires

•Élaborer une procédure de gestion des allergènes alimentaires en industries qui s’appuie sur les seuils de contamination obtenus avec des études cliniques canadiennes comme le VITAL (seuils cliniques) en Australie 

  • Fraude alimentaire:

•Augmenter la fréquence des audits surprise chez les fournisseurs

•Avoir [si possible] au moins 2 fournisseurs pour chaque ingrédient

•Détenir des lignes directrices reconnues par l’ACIA/MAPAQ pour prévenir la fraude (procédures, enregistrements, résultats d’analyse/d’audits, identifier les aliments à haut risque & agents frauduleux…)

•Rendre disponible une plateforme d’échanges & base de données accessibles, gratuites et anonymes (permet échange de cas de fraude des industries et de l’ACIA sans mention des noms des entreprises afin de préserver la confidentialité)

•Programmes d’éducation des consommateurs (fraude en général) & entreprises (fraudes non intentionnelles)


Suivi de la rencontre

La plateforme PARERA travaille en ce moment sur la rédaction de lignes directrices pour la gestion des allergènes en entreprises basée sur l'application de seuils. De plus, PARERA a soumis un manuscript sur les lignes directrices pour gérer la fraude alimentaire en industries. 

La création d'une plateforme d'échange d'information sur les cas de fraudes entre les industries (entre elles) et les agences gouvernementales était un projet de la plateforme PARERA qui a pris tout son sens lors de cette rencontre suite aux demandes des parties prenantes. La plateforme PARERA entreprend de chercher des fonds pour soutenir le développement d'une telle plateforme qui permettrait aux entreprises québécoises de partager leurs informations de manière anonyme et bénéficier des informations de l'ACIA et des autres paries prenantes sur la question de la fraude alimentaire.

Enfin, la plateforme PARERA a soumis une demande de fonds auprès du fond de recherche du Québec (programme DIALOGUE) pour un projet de communication auprès des consommateurs au Québec. Les objectifs étant d'apporter aux consommateurs les connaissances en alimentaire pour mieux comprendre ce qu'ils mangent et donc mieux consommer.